La réponse courte
Pour une simulation assurance décennale réaliste, retenez cet ordre de grandeur : entre 600 € et 7 000 € par an, soit environ 50 à 580 € par mois, selon le métier exercé, le chiffre d’affaires et l’expérience déclarée. Un peintre ou un plaquiste débutant se situe plutôt en bas de fourchette, un maçon ou une entreprise générale plutôt en haut. Ce grand écart n’est pas un défaut du marché : c’est la preuve que le prix se construit dossier par dossier, et qu’aucun chiffre unique ne peut vous être donné sans connaître votre activité réelle.
Le détail des tarifs par métier
Le tableau suivant reprend les fourchettes annuelles observées pour un profil de référence : artisan avec 3 à 10 ans d’expérience, chiffre d’affaires entre 40 000 € et 70 000 €, sans sinistre déclaré sur les trois dernières années.
| Métier | Fourchette annuelle | Équivalent mensuel |
|---|---|---|
| Peintre / décorateur | 700 – 1 400 € | 58 – 117 € |
| Plaquiste / plâtrier | 800 – 1 600 € | 67 – 133 € |
| Carreleur | 900 – 1 800 € | 75 – 150 € |
| Électricien | 900 – 1 800 € | 75 – 150 € |
| Plombier / chauffagiste | 1 000 – 2 000 € | 83 – 167 € |
| Serrurier / métallier | 1 100 – 2 200 € | 92 – 183 € |
| Isolation | 1 200 – 2 400 € | 100 – 200 € |
| Menuisier | 1 200 – 2 500 € | 100 – 208 € |
| Multiservice | 1 200 – 2 600 € | 100 – 217 € |
| Charpentier | 1 500 – 3 000 € | 125 – 250 € |
| Façadier | 1 500 – 3 000 € | 125 – 250 € |
| Maître d’œuvre / BE | 1 800 – 4 000 € | 150 – 333 € |
| Terrassier / VRD | 1 800 – 3 500 € | 150 – 292 € |
| Couvreur / zingueur | 2 000 – 4 000 € | 167 – 333 € |
| Maçon / gros œuvre | 2 500 – 5 000 € | 208 – 417 € |
| Étanchéité | 2 500 – 5 500 € | 208 – 458 € |
| Photovoltaïque | 2 500 – 6 000 € | 208 – 500 € |
| Pisciniste | 3 000 – 6 000 € | 250 – 500 € |
| Entreprise générale / TCE | 3 000 – 7 000 € | 250 – 583 € |
| Auto-entrepreneur second œuvre | 600 – 1 500 € | 50 – 125 € |
Ces fourchettes couvrent des contrats à garanties et franchises variables : ne comparez jamais deux devis sur le seul montant affiché sans vérifier ce qu’ils couvrent réellement. Pour un premier repère par métier, consultez aussi notre page dédiée au prix de l’assurance décennale.
Les facteurs qui font varier le prix
Cinq paramètres pèsent réellement dans le calcul d’une cotisation, et se combinent entre eux plutôt que de s’additionner simplement.
Le métier et les activités déclarées. Chaque activité de votre nomenclature d’activités (la liste précise des travaux que vous exercez) porte son propre niveau de risque. Un maçon qui fait aussi de l’étanchéité doit déclarer les deux : une activité exercée mais absente de l’attestation d’assurance n’est tout simplement pas couverte en cas de sinistre.
Le chiffre d’affaires. Il agit comme un multiplicateur : jusqu’à 35 000 € de CA, le coefficient tourne autour de ×0,80 ; entre 35 000 € et 70 000 €, on reste à la base ×1,00 ; entre 70 000 € et 150 000 €, comptez environ ×1,35 ; entre 150 000 € et 300 000 €, autour de ×1,80 ; au-delà, jusqu’à ×2,40. Plus vous facturez, plus l’exposition potentielle de l’assureur augmente.
L’expérience. Une entreprise créée depuis moins d’un an subit une majoration de l’ordre de ×1,45, contre ×1,15 pour 1 à 3 ans d’ancienneté, une base ×1,00 pour 3 à 10 ans, et un allègement à ×0,90 au-delà de 10 ans. Beaucoup d’assureurs exigent d’ailleurs trois années de pratique attestée avant d’accepter certains profils : gardez vos certificats de travail et diplômes, ils permettent souvent de changer de catégorie de risque.
La sinistralité. Un sinistre déclaré sur les trois dernières années majore la prime d’environ ×1,20 ; deux sinistres ou plus font grimper le coefficient à ×1,50. C’est le facteur le plus pénalisant à long terme, et le seul qui échappe totalement à la négociation.
Les garanties choisies. Ajouter une reprise du passé (couverture de chantiers déjà ouverts avant la souscription) majore la prime de 10 à 25 % l’année de souscription — elle n’est jamais incluse par défaut. Un contrat combiné responsabilité civile professionnelle + décennale coûte 10 à 20 % de plus qu’une décennale seule. Le fractionnement mensuel, enfin, ajoute 3 à 8 % par rapport à un règlement annuel.
Le simulateur ci-dessous vous donne une première estimation en croisant votre métier, votre chiffre d’affaires, votre expérience et votre sinistralité.
Exemples chiffrés
Ces trois profils illustrent l’arithmétique ci-dessus, appliquée de façon indicative aux fourchettes du canon.
Profil 1 — Électricien auto-entrepreneur, 2 ans d’activité, CA 30 000 €, aucun sinistre. Base métier 900-1 800 €, coefficient CA ×0,80 (sous 35 000 €), coefficient expérience ×1,15 (1-3 ans). Résultat indicatif : environ 830-1 660 € par an, soit 69-138 € par mois.
Profil 2 — Maçon en société, 6 ans d’expérience, CA 90 000 €, un sinistre sur 3 ans. Base métier 2 500-5 000 €, coefficient CA ×1,35 (70-150 k€), coefficient sinistralité ×1,20. Résultat indicatif : environ 4 050-8 100 € par an, soit 338-675 € par mois — un rappel que la sinistralité pèse lourd, y compris sur des bases déjà élevées.
Profil 3 — Plombier confirmé, plus de 10 ans d’expérience, CA 60 000 €, aucun sinistre, avec reprise du passé. Base métier 1 000-2 000 €, coefficient expérience ×0,90, majoration reprise du passé +15 % (milieu de fourchette). Résultat indicatif : environ 930-1 860 € avant reprise, puis 1 070-2 140 € par an avec la reprise du passé.
Ces montants restent des ordres de grandeur : seul un devis établi sur votre dossier réel donne un chiffre engageant.
Comment payer moins
Mettre les assureurs en concurrence reste le levier le plus puissant, et de loin. À garanties équivalentes, les écarts de prime entre assureurs pour un même dossier vont couramment de 30 à 50 % — aucun autre levier n’approche cet impact.
Déclarer précisément vos activités, ni plus ni moins que ce que vous exercez réellement. Sur-déclarer fait payer des risques que vous ne prenez pas ; sous-déclarer expose à un refus de garantie le jour du sinistre.
Justifier votre expérience avec certificats de travail, diplômes ou attestations d’employeurs précédents : cela peut faire basculer votre dossier dans une tranche de coefficient plus favorable, notamment entre les paliers 1-3 ans et 3-10 ans.
Accepter une franchise plus élevée en échange d’une prime réduite, si votre trésorerie permet d’absorber le reste à charge en cas de sinistre — un arbitrage à faire les yeux ouverts, jamais par défaut.
Régler en annuel plutôt qu’en mensuel : le fractionnement mensuel ajoute 3 à 8 % au coût total, un montant non négligeable cumulé sur plusieurs années.
Les fausses économies
Un prix bas cache parfois un contrat vide. Trois pièges reviennent souvent.
Le plafond de garantie trop bas. Certains contrats économiques limitent l’indemnisation par sinistre à un montant très inférieur à la valeur des chantiers que vous réalisez. En cas de sinistre grave sur un chantier important, le plafond peut être atteint bien avant que les travaux de reprise soient financés — la différence reste à votre charge.
L’activité « oubliée » sur l’attestation. Un devis moins cher omet parfois une activité annexe que vous exercez pourtant (isolation en plus de la plomberie, par exemple). Le jour du sinistre, l’assureur peut refuser sa garantie si l’activité concernée n’était pas déclarée — vérifiez systématiquement que votre attestation d’assurance liste bien toutes vos activités réelles.
La franchise cachée dans les petites lignes. Une prime attractive s’accompagne parfois d’une franchise élevée par sinistre, qui réduit fortement l’indemnisation reçue. Demandez toujours le montant exact de la franchise avant de comparer deux devis sur le seul prix affiché.
FAQ
Combien coûte une décennale par mois en moyenne ?
Le coût mensuel varie de 50 € à plus de 580 € selon le métier, le chiffre d’affaires et l’expérience — un peintre débutant et une entreprise générale de gros œuvre ne se comparent pas. Le paiement mensuel majore la prime annuelle de 3 à 8 % par rapport à un règlement en une fois.
Pourquoi deux artisans du même métier paient-ils des prix différents ?
Le chiffre d’affaires, l’ancienneté, la sinistralité et les garanties choisies (reprise du passé, plafonds, franchise) font varier la prime bien plus que le métier seul. Deux électriciens avec le même intitulé d’activité peuvent payer deux fois plus ou deux fois moins selon ces critères.
Le statut auto-entrepreneur permet-il de payer moins cher ?
Non : à activité et chiffre d’affaires identiques, micro-entreprise et société paient des primes voisines. Si les auto-entrepreneurs paient souvent moins en valeur absolue, c’est lié à leur chiffre d’affaires généralement plus faible, pas à un tarif préférentiel lié au statut.
La simulation en ligne donne-t-elle un prix garanti ?
Non, une simulation reste une estimation indicative construite à partir de fourchettes de marché. Seul un devis établi par un assureur ou un partenaire immatriculé ORIAS sur votre dossier réel engage un montant précis.
Faut-il inclure la reprise du passé dans sa simulation ?
Seulement si vous avez des chantiers ouverts avant la nouvelle souscription et que vous souhaitez qu’ils restent couverts par le nouveau contrat. Cette garantie n’est jamais incluse par défaut et majore la prime de 10 à 25 % l’année de souscription.
Pour aller plus loin
Une simulation donne un ordre de grandeur utile pour bâtir votre devis et anticiper votre budget, mais elle ne remplace pas une comparaison sur dossier réel : deux contrats affichant le même prix peuvent couvrir très différemment vos activités, vos plafonds et vos franchises. Décennales.fr est le comparateur français spécialisé dans l’assurance décennale, métier par métier — sans assureur privilégié, sans influence de nos partenaires sur nos analyses. Pour transformer ces fourchettes en devis concrets, vous pouvez demander vos devis gratuits auprès de partenaires spécialistes immatriculés ORIAS, sans engagement de votre part.